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Philippe Basset Photographe

13 Mar. 2017

Singlefin: Yellow

Hangten 9'4


Bien que ce soit dans l'air du temps, je ne vais pas vous parler de l'Affaire Fillon mais d'une autre histoire de famille...
Pas d'emploi fictif ici, bien au contraire, c'est la tête dans les vapeurs chimiques et les pieds dans la poussière que le duo Minvielle exerce son labeur.
Alain c'est le père, Benjamin le fils. Ils ont en commun plusieurs passions: la musique (ils sont tous les deux de très bons guitaristes) le surf, le shape, l'apéro...et un patronyme bien connu dans les vagues !

Minvielle logo

Lorsque pour mes 30 ans ma fiancée m'a demandé quel cadeau me ferait plaisir, je n'ai pas hésité une seconde pour lui répondre: UN LONGBOARD !

Habitué du Pays Basque depuis ma naissance, j'ai attendu 25 ans pour opérer un déménagement salvateur en Euskadi, où la montagne et l'océan sont devenus mon quotidien, remplaçant une vie parisienne superficielle et matérialiste qui s'égrenait au fil des heures gâchées dans les transports en commun, sales et déshumanisés, qui traversent la grisaille de long en large.

Morosité routinière que j'embellissais notamment grâce aux vidéos de surf !
Il en est une que j'ai visionné plus que les autres. Singlefin: Yellow. Elle racontait l'histoire d'un longboard classic, jaune (bravo, vous l'aviez deviné) et monté en single (une seule dérive centrale) qui passait de main en main (ou plutôt de pieds à pied) entre six excellents surfeurs, sur les cinq continents.
Pour un jeune parigot en mal de destinations exotiques et d'aventures, ce film était une véritable invitation au voyage et au partage, quasiment thérapeutique.
Très vite, j'ai fait une croix sur la petite planche, trop impitoyable avec les grassouillets, et préféré la glisse plus détendue que permet le longboard.
Je me suis naturellement tourné vers Benjamin Minvielle, que je voyais tous les vendredis soirs à la halle aux bières bibliothèque, pour réaliser ce vieux fantasme: un Longboard, et jaune de préférence !
Le rendez-vous était pris, et dès le lundi suivant, je me rendais dans leur atelier familial à Anglet.
Au rez-de-chaussée, je jette un coup d'oeil à la salle de glass, que l'on découvrira un peu plus tard...

  • Glassage, minvielle surfboards
  • arrow, Minvielle
  • Ambiance de l'atelier
  • Ben le chirurgien
  • la résine entrain de sècher
  • planches de surf, minvielle, anglet

Je monte donc voir Alain, le papa, le patron... mais surtout le shapeur, pour passer commande.
En partant d'un grossier pain de mousse, c'est lui qui va donner à la future planche sa forme définitive. Rigueur et précision sont nécessaires afin d'avoir un résultat parfaitement symétrique, ainsi que des rails d'une régularité optimale ce qui permettra d'avoir la meilleure glisse possible une fois sur l'eau.
Mon choix se porte sur le modèle Hangten. Il prend note des cotes de la planche que je désire (longueur, largeur, épaisseur) afin qu'elle soit vraiment sur mesure.
Deux mois quelques jours plus tard, mon téléphone sonne. C'est Alain qui m'appelle pour me dire qu'il va commencer mon longboard ! J'embarque deux appareils photo et quelques pellicules et direction l'atelier !
Je le rejoins dans son antre, les couleurs et les lumières artificielles qui lui permettent de ne pas être gêné par les ombres, confèrent à cette petite pièce des allures de vaisseau spatial.
On se croirait dans le futur, mais les enceintes qui crachent du jazz nous rappellent que le monsieur est attaché au passé, et qu'en musique comme dans l'artisanat, la machine ne remplacera jamais ni le savoir-faire, ni la main de l'homme... c'est ce qui leur donne une âme !

  • commande d'une planche
  • Alain Minvielle, Shaper
  • ponçage des rails de la planche
  • ça prend forme...
  • Rabottage de la latte
  • Précision...
  • Finitions...

La première étape étant achevée, je descends au rez-de-chaussée où "mon précieux", comme dirait Gollum, sera remis à Benjamin. Toujours du jazz à fond mais accompagné cette fois-ci par les vapeurs des différents produits qu'il utilise pour "glasser" les planches. On plane !
Démarre alors la stratification... Après avoir masqué les rails du pont (le dessus) il faut entoiler la carène (le dessous). La solidité s'obtient au détriment du poids final de la planche, en superposant successivement plusieurs épaisseurs de toile de fibre de verre. Mais je ne suis pas très léger et j'ai déjà peur de la casser alors vas-y Ben met la dose !
Ensuite on applique la résine de polyester liquide, teintée en jaune, que l'on laissera sécher plusieurs heures.
Rebelotte pour l'autre côté... Masquage des rails / toile / résine / bière...
Qu'elle est belle et qu'elle sent bon ! Je l'aime déjà. Cependant il faut encore qu'elle racornisse.
La séparation se fait un peu dans la douleur mais c'est nécessaire afin d'obtenir une solidité maximale !


  • Masquage des rails de la planche
  • Teinte de la résine, pose de la fibre...
  • C'est parti !
  • Un peu d'argentique...
  • On attaque le pont...
  • Des litres de résine... Et pas de bulle surtout !
  • Tartine bien !
  • La transmission des savoirs.
  • bien concentré...
  • c'est propre !
  • Sèche maintenant !

Après avoir passé plusieurs jours dans un atelier bien aéré, où l'air est chaud et sec, elle est presque prête à recevoir mon auguste postérieur.
Un coup de polish, petit luxe qui la fera briller de mille feux, et elle sera à moi ! À MOIII !!!


  • Best wax !
  • Bling-bling
  • C'est de touuute beauuutééé !
  • TADAAAAM !

Les premières sensations furent un peu inattendues, car passer d'une plus petite planche à un longboard, m'a semblé comparable à faire un créneau avec un semi-remorque ! Ça tourne beaucoup moins facilement... Problème résolu avec le pied arrière sur une bonne grosse dérive pivot qui accueillera tout mon poids, et me permettra d'aller taquiner le nose... il faut toujours laisser sa chance à une nouvelle planche !





Cadeau bonus :

  • Ambiance d'atelier
  • de la résine...
  • ... et encore de la résine !
  • Vive l'artisanat !

Philippe Basset.